01.06.2007

COMMENT J’AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 17

1-02 L'eau A La Bouche.mp3


029ed8925faf2afd5f7b394ed3e62856.jpgOn ne se passe pas facilement du libertinage, du plaisir sans contrainte, de l’échange sans promesse, du sexe sans amour, si ce n’est celui du partage et de la complicité. Mais après ce dernier jeu qui est devenu dangereux, est arrivé dans ma vie, une histoire qui m’a menée plus loin que je ne l’aurai pensé.
Depuis quelques années déjà, je connaissais un jeune homme absolument craquant qui connaissait l’art et la manière de me faire craquer. Un de ces hommes terriblement charmant, qui ne demande jamais rien, mais qui joue avec les demoiselles, tout en s’étonnant lui-même qu’elles lui tombent dans les bras. Je lui avais déjà volé quelque baiser sous couvert de soirées trop arrosées, mais nous en étions toujours restés là.
Moi, à ce moment-là ; je ne m’interdisais rien et laissais mon corps agir comme bon lui semblait.

J’avais décidé qu’il serait à moi le temps d’un instant et même s’il n’y aurait entre nous qu’une seule et unique nuit, je la voulais plus que tout. Nous nous appelions parfois et mon désir sans tabou, mes mots crus et insistants avaient rapidement raison de sa fausse pudeur et de sa défiance envers les douces dingues délurées.

- J’ai envie de toi.
- Mais non, arrête…
- Si, c’est comme ça, j’ai envie de te sentir en moi. Une fois, juste une fois.
- Arrête.
- Ça nous engagerait à quoi ?
- Je sais pas.
- Tu n’as pas envie de moi ?
- Je sais pas.
- Tu n’as jamais eu envie de moi ?
- Arrête.
- Non, dis-moi.
- Tu es où, là ?
- Dans mon lit.
- Moi aussi.
- Ferme tes yeux.
- Où veux-tu que je pose ma main ?
- Caresse-toi.
Le désir monte, nos mots s’enflamment et nos corps, à des centaines de kilomètres, s’enlacent.

- Je viens te voir.
- Mais non, c’est trop loin.
- Demain, je suis là.
- Mais tu vas pas faire ça.
- Pourquoi pas ? Tu n’en as pas envie ?
- Si. Je sais pas.
- Dis-moi.
- Viens.

La France traversée dans les airs ou en chemin de fer, je me suis quelquefois retrouvée dans son lit, sur son canapé, dans sa baignoire, dans sa voiture, dans son parking, dans son ascenseur, dans son cinéma, dans ses bras, entre ses cuisses, entre ses fesses, sur son ventre, sur sa bouche, entre ses lèvres, entre ses mains, sous ses doigts, au bout de sa langue, en plein cœur de sa vie. Et de la mienne.

Je restais une nuit, un week-end et je repartais vivre ma vie parisienne. Je me sentais incroyablement libre, heureuse et indépendante. Je m’invitais dans sa vie. Et je repartais vivre la mienne.

Mais les liaisons peuvent-elles durer toujours ? Peut-on rester amants sans glisser vers l’amour ? Quand peu à peu le plaisir partagé devient égoïsme et mutisme, quand à force de ne rien se promettre, ne se rien se demander, on finit par ne rien s’avouer, ne rien se dire.

Quand une relation ne passe que les corps, qu’on en oublie les mots, comment dire que… peut-être… ce n’est plus… tout à fait… que du Q.

Alors on ne dit rien, mais un week-end alors que l’attachement était là, aujourd’hui, je veux bien le parier, les corps ne veulent plus, ils attendent les mots, mais les mots ne viennent pas.

Dans un dernier sursaut de liberté, je suis partie, connement, comme je l’ai souvent fait. Comme une grande fille indépendante, je prouve que sauter dans le premier train, est un acte excessivement fort et courageux, que puisqu’il ne me retient pas, je ne me retournerai pas.

Il ne m’a pas retenue. Il fut peut-être soulagé. Ou peiné. Je ne le saurai jamais : je ne me suis pas retournée.

Mais même si les grandes filles indépendantes, fortes et courageuses qui prennent les premiers trains du matin, ne l’avouent jamais… je n’ai jamais oublié.











(N*, surtout, surtout, d’ici-là, ne lâche rien.)

Commentaires

Comme dit un de mes derniers rencontrés: "toutes les rencontres sont importantes"... Merci de rappeler que les histoires de q peuvent être bien jolies. (et j'aime beaucoup les grandes filles qui prennent le train)

Ecrit par : presque | 01.06.2007

Je les aimais bien aussi.... mais aujourd'hui, elles me rendent jalouses ou me consternent. ;)
Cela a en tous cas était l'un de mes sports préférés (prendre le dernier puis le premier train)....

Ecrit par : Cie | 01.06.2007

En plus... c'est le train pour chez toi.. (à moins que je ne me mélange les pédales... :-)) ????

Ecrit par : Cie @ Presque from T. | 01.06.2007

arf, je pensais que tu faisais une métaphore! En effet, tu te mélanges les pédales (c'est parce que tu prends ton vélo maintenant?) mais je sais avec qui tu confonds ;-)

Ecrit par : presque | 04.06.2007

Dur dur de ne parler qu'avec des pseudos...
c'est amusant de s'imaginer plus que de se connaître.
Mais je ne suis pas très forte pour l'exercice... pardon.

Ecrit par : Cie @ Presque | 04.06.2007

"Alors on ne dit rien, mais un week-end alors que l’attachement était là, aujourd’hui, je veux bien le parier, les corps ne veulent plus, ils attendent les mots, mais les mots ne viennent pas."

Comme elle me parle ta phrase, comme elle me parle. Comme tu décris bien le stade du cocon sec.

Ecrit par : Lib | 06.06.2007

"Cocon sec"... ça, ça me parle aussi ! ;)
Et pas forcément pour cette histoire-là d'ailleurs...

Ecrit par : Cie @ Lib | 06.06.2007

Qu'après le Q, l'on s'attend à ce que les mots suivent, a été justement ce qui a tué, il y a quelques années, l'histoire d'amour de ma vie. Elle refusait que nous nous parlions, que nous nous engagions. Et puis un soir, j'ai trouvé une lettre d'adieu. Les mots m'ont tué. Pourtant, c'est tout ce que j'attendais. Aujourd'hui je ne crois plus les mots. En revanche, de temps en temps que du Q...au moins, pas de triche.

Ecrit par : Un mot passant | 06.06.2007

Il est en effet parfois si difficile de faire vivre une histoire de Q. Si seulement le bonheur était de ne jamais s'attacher ce serait peut-être plus simple... mais je ne crois pas hélas, que cela suffise au bonheur.
Cependant, je te l'accorde, si s'attacher peut faire le bonheur, il fait aussi -et peut-être plus souvent- le malheur.

PS : je m'aperçois que mon nom de réponse à ton pseudo peut sembler être passé à côté du jeu de mots... passants. Je l'ai saisi, et apprécié, n'est nulle crainte, mot passant. Repasse donc par là de temps en temps !

Ecrit par : Cie qui répond un mot en passant @ un mot passant | 08.06.2007

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