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15.06.2007

IL Y A DES JOURS Où...

... je hais mon téléphone.


podcast


Et ses questions stupides... "êtes-vous sûr de vouloir supprimer" ? Et là, alors que je me disais "ce sera un acte qui te fera avancer", "un symbole marquant de la vie qui continue"... Et lui, là, me pose sa question brutale, et sans retour. Sans me préparer à la froideur et la dureté de son ton... Alors bien-sûr, je dis non. Non, bien-sûr que je ne suis pas sûre. Comment pourrais-je l’être ??? Comment pourrais-je vouloir la supprimer de mon répertoire ? Il n’y aura plus aucune trace d’elle dans ma vie, bien-sûr dans ma tête, mais dans ma vie matérielle, que restera-t-il… ses textos gardés précieusement ne serait plus rattachés qu’à une suite de numéros ?!

Une semaine après sa mort, j’avais le droit d’être triste, c’était encore légitime. Cela fait deux mois. Ce n’est pas beaucoup. Pour un père, une mère, un frère ou un mari, j’aurai encore le droit d’être triste, mais pour une amie… Ça commence à être limite. Disons que si je pleure, comme ça, pour rien, en regardant mon téléphone, personne ne comprendra et si on me demande, ça va pas ? Je devrai me justifier, parler de quelque chose et de quelqu'un dont personne n’a envie d’entendre parler. Alors, je ravale mes larmes. Et je suis désagréable.

Si. Ça va. Ça va.

Est-ce parce que ces temps-ci la lune est très proche de la terre, est-ce parce que le week-end dernier mon bien-être a été de trop courte durée, est-ce parce qu’ici les choses vont parfois un peu trop vite ou souvent un peu trop lentement, est-ce que parce que ton absence devient omniprésente …
Depuis une semaine, tout m’attriste, mes larmes coulent pour un rien. Je voudrais pouvoir te raconter ce qui pour plein d’autres est irracontable, je voudrais pouvoir te voir rire, ou face à ton regard tellement pragmatique et compréhensif, te confier mes larmes si stupides.


Tu me manques. Et non. Je répondrai non à mon téléphone.

01.06.2007

COMMENT J’AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 17

1-02 L'eau A La Bouche.mp3


029ed8925faf2afd5f7b394ed3e62856.jpgOn ne se passe pas facilement du libertinage, du plaisir sans contrainte, de l’échange sans promesse, du sexe sans amour, si ce n’est celui du partage et de la complicité. Mais après ce dernier jeu qui est devenu dangereux, est arrivé dans ma vie, une histoire qui m’a menée plus loin que je ne l’aurai pensé.
Depuis quelques années déjà, je connaissais un jeune homme absolument craquant qui connaissait l’art et la manière de me faire craquer. Un de ces hommes terriblement charmant, qui ne demande jamais rien, mais qui joue avec les demoiselles, tout en s’étonnant lui-même qu’elles lui tombent dans les bras. Je lui avais déjà volé quelque baiser sous couvert de soirées trop arrosées, mais nous en étions toujours restés là.
Moi, à ce moment-là ; je ne m’interdisais rien et laissais mon corps agir comme bon lui semblait.

J’avais décidé qu’il serait à moi le temps d’un instant et même s’il n’y aurait entre nous qu’une seule et unique nuit, je la voulais plus que tout. Nous nous appelions parfois et mon désir sans tabou, mes mots crus et insistants avaient rapidement raison de sa fausse pudeur et de sa défiance envers les douces dingues délurées.

- J’ai envie de toi.
- Mais non, arrête…
- Si, c’est comme ça, j’ai envie de te sentir en moi. Une fois, juste une fois.
- Arrête.
- Ça nous engagerait à quoi ?
- Je sais pas.
- Tu n’as pas envie de moi ?
- Je sais pas.
- Tu n’as jamais eu envie de moi ?
- Arrête.
- Non, dis-moi.
- Tu es où, là ?
- Dans mon lit.
- Moi aussi.
- Ferme tes yeux.
- Où veux-tu que je pose ma main ?
- Caresse-toi.
Le désir monte, nos mots s’enflamment et nos corps, à des centaines de kilomètres, s’enlacent.

- Je viens te voir.
- Mais non, c’est trop loin.
- Demain, je suis là.
- Mais tu vas pas faire ça.
- Pourquoi pas ? Tu n’en as pas envie ?
- Si. Je sais pas.
- Dis-moi.
- Viens.

La France traversée dans les airs ou en chemin de fer, je me suis quelquefois retrouvée dans son lit, sur son canapé, dans sa baignoire, dans sa voiture, dans son parking, dans son ascenseur, dans son cinéma, dans ses bras, entre ses cuisses, entre ses fesses, sur son ventre, sur sa bouche, entre ses lèvres, entre ses mains, sous ses doigts, au bout de sa langue, en plein cœur de sa vie. Et de la mienne.

Je restais une nuit, un week-end et je repartais vivre ma vie parisienne. Je me sentais incroyablement libre, heureuse et indépendante. Je m’invitais dans sa vie. Et je repartais vivre la mienne.

Mais les liaisons peuvent-elles durer toujours ? Peut-on rester amants sans glisser vers l’amour ? Quand peu à peu le plaisir partagé devient égoïsme et mutisme, quand à force de ne rien se promettre, ne se rien se demander, on finit par ne rien s’avouer, ne rien se dire.

Quand une relation ne passe que les corps, qu’on en oublie les mots, comment dire que… peut-être… ce n’est plus… tout à fait… que du Q.

Alors on ne dit rien, mais un week-end alors que l’attachement était là, aujourd’hui, je veux bien le parier, les corps ne veulent plus, ils attendent les mots, mais les mots ne viennent pas.

Dans un dernier sursaut de liberté, je suis partie, connement, comme je l’ai souvent fait. Comme une grande fille indépendante, je prouve que sauter dans le premier train, est un acte excessivement fort et courageux, que puisqu’il ne me retient pas, je ne me retournerai pas.

Il ne m’a pas retenue. Il fut peut-être soulagé. Ou peiné. Je ne le saurai jamais : je ne me suis pas retournée.

Mais même si les grandes filles indépendantes, fortes et courageuses qui prennent les premiers trains du matin, ne l’avouent jamais… je n’ai jamais oublié.











(N*, surtout, surtout, d’ici-là, ne lâche rien.)