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01.08.2007
JUBILATOIRE FOUTOIR !

La voix éraillée de la grand-mère ou celle, rauque et sublime, de la belle Azra me parcourt encore la colonne vertébrale, une chaleur montant et redescendant dans mon corps avec délice.
Un troupeau d’oies, qui laisse échapper un couac, à l’un des instants les plus émouvants de cet opéra barock'n roll. Des toits de maisons qui s’envolent, battant des ailes tels des cygnes blancs, des nains qui s’aiment ou un géant qui emballe, des dilemmes de tragédie grecque, des bagarres de bal de villages, des charlatans attendrissants, une prostituée handicapée et manchote si belle, des footballeurs tapant la balle, des caravanes enluminées, un amour impossible, et une effroyable réalité… entraînés, transportés dans des flots de bonheur, de poésie, de lyrisme et de bonne humeur… Il y a quelques mois, en naviguant sur internet, je vois que l’un des réalisateurs que j’aime tant, adapte l’un de ses films en opéra. Il y a quelques semaines, je retombe à nouveau là-dessus. Et grâce à la magie d’internet, en quelques clics et en quelques jours, je suis placée au centre du sixième rang, au pied de la scène de l’Opéra Bastille, assistant à l’un des moments les plus délirants et les plus incroyables de ma vie : le Temps des Gitans.
Mon âme était ce soir-là sur la scène de l’Opéra Bastille. Elle s’envolait, suivant celles des gitans qui montaient féeriques, dans le ciel de l’Opéra.Pour ceux qui aiment les films d’Émir Kusturica, imaginez plutôt être projeté au centre de l’écran lors d’une dinguerie de Chat Noir Chat Blanc, lors d’une course en charrette et caravane bringuebalantes… imaginez ce bonheur incommensurable d’être l’un des convives d’un énième festin totalement loufoque et brindezingue, se terminant par des crises de rires, des coups de feu, et des éclats de larmes !
Chez Kusturica, la laideur devient incroyablement belle, les méchants, deviennent gentils, le sublime côtoie le vulgaire ; le grave, le léger ; le sérieux, le désinvolte… et surtout, la vie à tout moment de ses œuvres, est étroitement mêlée à la mort. Toutes les émotions sont exubérantes… décuplées, incroyablement vives et passionnelles.
Je n’ai jamais tant ri, ni pleuré que lors d’un film de Kusturica… alors, ce soir-là, à l’Opéra Bastille, de la pointe de mes cheveux, au bout de mon petit orteil, tout mon corps, mon cœur et mon âme ont été ravis.. transportés… et quant au spectacle, lui, fut ovationné par une salve d’applaudissements qui n’a pas faiblit pendant 30 minutes !
Côté musique, vous avez ici, un –tout– petit aperçu… Mettez le son à fond, cette musique délirante, ces voix sublimes et imparfaites – qui sont sans doute pour quelque chose dans les critiques virulentes des aficionados de l’opéra classique – doivent résonner en vous.. ce serait un péché de les écouter à bas volume.
(eh non, le CD que j'ai est en .m4a... et à moins que quelqu'un sache m'expliquer comment le convertir dans un format que je puisse vous mettre ici, sinon.. je ne peux vous mettre en écoute que le morceau trouvé sur radioblog, ou encore vous conseiller une écoute ici ou là, voire un achat de l'album du spectacle ci-dessus)
Pas de Goran Bregovic ce soir, mais un Orchestre philharmonique de Belgrade et un No Smoking Orchestra déchaînés et volcaniques !
17:35 Publié dans parlons d'autre(s) chose(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kusturica, le temps des gitans, musique, opéra, spectacle, du bonheur, rien que du bonheur et encore du bonheur





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