01.06.2007

COMMENT J’AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 17

1-02 L'eau A La Bouche.mp3


029ed8925faf2afd5f7b394ed3e62856.jpgOn ne se passe pas facilement du libertinage, du plaisir sans contrainte, de l’échange sans promesse, du sexe sans amour, si ce n’est celui du partage et de la complicité. Mais après ce dernier jeu qui est devenu dangereux, est arrivé dans ma vie, une histoire qui m’a menée plus loin que je ne l’aurai pensé.
Depuis quelques années déjà, je connaissais un jeune homme absolument craquant qui connaissait l’art et la manière de me faire craquer. Un de ces hommes terriblement charmant, qui ne demande jamais rien, mais qui joue avec les demoiselles, tout en s’étonnant lui-même qu’elles lui tombent dans les bras. Je lui avais déjà volé quelque baiser sous couvert de soirées trop arrosées, mais nous en étions toujours restés là.
Moi, à ce moment-là ; je ne m’interdisais rien et laissais mon corps agir comme bon lui semblait.

J’avais décidé qu’il serait à moi le temps d’un instant et même s’il n’y aurait entre nous qu’une seule et unique nuit, je la voulais plus que tout. Nous nous appelions parfois et mon désir sans tabou, mes mots crus et insistants avaient rapidement raison de sa fausse pudeur et de sa défiance envers les douces dingues délurées.

- J’ai envie de toi.
- Mais non, arrête…
- Si, c’est comme ça, j’ai envie de te sentir en moi. Une fois, juste une fois.
- Arrête.
- Ça nous engagerait à quoi ?
- Je sais pas.
- Tu n’as pas envie de moi ?
- Je sais pas.
- Tu n’as jamais eu envie de moi ?
- Arrête.
- Non, dis-moi.
- Tu es où, là ?
- Dans mon lit.
- Moi aussi.
- Ferme tes yeux.
- Où veux-tu que je pose ma main ?
- Caresse-toi.
Le désir monte, nos mots s’enflamment et nos corps, à des centaines de kilomètres, s’enlacent.

- Je viens te voir.
- Mais non, c’est trop loin.
- Demain, je suis là.
- Mais tu vas pas faire ça.
- Pourquoi pas ? Tu n’en as pas envie ?
- Si. Je sais pas.
- Dis-moi.
- Viens.

La France traversée dans les airs ou en chemin de fer, je me suis quelquefois retrouvée dans son lit, sur son canapé, dans sa baignoire, dans sa voiture, dans son parking, dans son ascenseur, dans son cinéma, dans ses bras, entre ses cuisses, entre ses fesses, sur son ventre, sur sa bouche, entre ses lèvres, entre ses mains, sous ses doigts, au bout de sa langue, en plein cœur de sa vie. Et de la mienne.

Je restais une nuit, un week-end et je repartais vivre ma vie parisienne. Je me sentais incroyablement libre, heureuse et indépendante. Je m’invitais dans sa vie. Et je repartais vivre la mienne.

Mais les liaisons peuvent-elles durer toujours ? Peut-on rester amants sans glisser vers l’amour ? Quand peu à peu le plaisir partagé devient égoïsme et mutisme, quand à force de ne rien se promettre, ne se rien se demander, on finit par ne rien s’avouer, ne rien se dire.

Quand une relation ne passe que les corps, qu’on en oublie les mots, comment dire que… peut-être… ce n’est plus… tout à fait… que du Q.

Alors on ne dit rien, mais un week-end alors que l’attachement était là, aujourd’hui, je veux bien le parier, les corps ne veulent plus, ils attendent les mots, mais les mots ne viennent pas.

Dans un dernier sursaut de liberté, je suis partie, connement, comme je l’ai souvent fait. Comme une grande fille indépendante, je prouve que sauter dans le premier train, est un acte excessivement fort et courageux, que puisqu’il ne me retient pas, je ne me retournerai pas.

Il ne m’a pas retenue. Il fut peut-être soulagé. Ou peiné. Je ne le saurai jamais : je ne me suis pas retournée.

Mais même si les grandes filles indépendantes, fortes et courageuses qui prennent les premiers trains du matin, ne l’avouent jamais… je n’ai jamais oublié.











(N*, surtout, surtout, d’ici-là, ne lâche rien.)

25.02.2007

COMMENT J'AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 16





medium_200377066-001.jpgMa première sortie de route, je ne l’avais vraiment pas prévue. Je pensais maîtriser parfaitement la situation. Je jubilais de mon pouvoir sur les hommes, et tout particulièrement sur cet homme-là. Rappelez-vous, je vous ai parlé de lui et je vous avais promis une vengeance.
C’est maintenant l’heure de ce plat, qui je le confirme, se mange froid, très froid.
J’ai été glaciale avec lui. Comme toutes ces filles que je voyais faire, qui menaient les hommes par le bout du nez avec autorité et dureté. Ce que je n’avais alors jamais réussi à faire. Sauf cette fois-là.

Nous étions donc sortis ensemble des années auparavant (peut-être 6 ou 7 ans…). J’étais folle amoureuse de lui au collège, ma plus grande passion d’adolescente fantasque et romantique. Mais lui, jouait avec moi avec une grande virtuosité.
Un soir, en boîte, dans la région de mon collège et lycée (là où vit encore ma mère et que lui, n’a jamais quittée), je tombe sur lui. J’ai enchantée de le revoir, je me sentais en pleine forme, particulièrement heureuse et épanouie… ça ne lui a pas échappé. Il m’a draguée, très ouvertement. Je l’ai mené par le bout de son joli nez, toute la soirée. Il m’a donné son numéro.
J’ai quitté la soirée assez vite après. Il en était très frustré. Moi, je jubilais. Je suis rentrée chez moi. Il était environ 4 ou 5 heures du matin. Un kilomètre avant d’arriver, j’ai arrêté la voiture et je lui ai téléphoné. Je lui ai dit que ça me ferait très plaisir de le voir. Maintenant. Que je l’attendais sur ce petit chemin, près du bois. Là où avant, il venait me chercher en moto, quand je faisais le mur.
Après quelques secondes de silence, il m’a répondu :
« Ne bouge pas. J’arrive »
Je n’ai pas bougé. Et il est arrivé.

Il n’était pas très à l’aise. Pas très habitué à une telle situation. Il bredouillait, mal à l’aise. Je l’ai embrassé. Très passionnément. Nous nous sommes caressés, mais je ne l’ai pas laissé me faire l’amour. Je lui ai dit que je devais rentrer tôt le lendemain à Paris. Mais que j’avais envie de le revoir, que je l’appellerais.

Nous nous sommes en effet revus. Trois fois. Peut-être quatre. Nous nous donnions rendez-vous quelque part en France pour passer le week-end. Dans un endroit que ni lui, ni moi, ne connaissions. C’était assez agréable. Il n’avait jamais connu d’histoire aussi libertine, aussi directe.

Le premier week-end, nous avons fait l’amour pendant 36 heures sans sortir de la chambre.

Puis le deuxième week-end, il voulait sortir, aller au restaurant, au cinéma.

Le troisième week-end, il devenait très langoureux, presque amoureux.

À ce moment-là, je ne savais plus quoi penser. Il était certain que je ne l’aimais pas, ou plus, je ne sais pas. Mais diriger à ce point les sentiments d’un homme était TELLEMENT jubilatoire. Je pouvais faire ce que je voulais de lui. Je maîtrisais sa vie toute entière. C’est un sentiment de puissance incroyable, jouissif. Et en même temps, c’était terrifiant. Je commençais à regretter de m’être servie de lui pour assouvir ma vengeance d’adolescente au cœur meurtri.

Le quatrième week-end fut le dernier et n’a duré que quelques heures. Je voyais bien qu’il changeait. Il m’avait appelé de plus en plus souvent pendant les semaines où l’on ne se voyait pas.

Quand nous nous sommes retrouvés, je le voyais transformé, mal-à-l’aise, cherchant ses mots, tournant autour du pot. Puis il m’a pris la main, l’a embrassée, m’a regardée et m’a dit quelque chose comme… « Tu sais, je… je me sens bien… Je… Comment te dire… Est-ce que tu…. Tu… tu…. voudrais… ».

J’ai retiré ma main. Je ne lui ai dit que ces mots : « je vais partir ». Et je suis partie. Je me suis dirigée vers la gare. J’ai attendu le prochain train. Et je suis rentrée.

Il n’a jamais réessayé de m’appeler. Moi non plus.

Un an après, je l’ai croisé. Il venait de se marier.

Quelle aurait pu être ma vie si je l’avais laissé finir sa phrase…
Heureusement, je ne le saurai jamais.


Quand on dit qu’une femme éconduite est dangereuse, je crois que lui, s’en souviendra.

Quant à moi, ça a calmé quelque peu mes ardeurs, et mes passions libertines… Peut-être pas encore suffisamment pour maîtriser la suivante……….





(P*, je te souhaite une vie bien calme et bienheureuse, dans ta jolie maison, avec ta jolie femme)

23.02.2007

COMMENT J'AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 15



medium_200337188-016.jpgJ'ai hésité à écrire "raté" dans le titre, j'aurais pu écrire "comment j'ai assumé ma vie sexuelle", mais non, au bout du compte, je me suis sans doute un peu perdue dans ces histoires de sexe, alors, je maintiens le "raté"... Voici donc le chapitre sur ma vie libertine, sur le sexe à gogo, sur les coups d'un soir, sur le Q sans ♥, sur les sexfriends comme l'écrit notre Presque bloggeuse, sur les amants terribles !

Je vous refais le topo… Je viens d’arriver à Paris. Je tombe très amoureuse d’un monsieur déjà pris. Notre histoire est à la fois sublime et désastreuse…
Je ne l’aurais jamais et je ne parviens pas à le chasser totalement… pour moi, le moyen, le plus sûr d’effacer un homme de ma vie a toujours été de remplacer son corps et son cœur par ceux d’un autre.

J’ai donc cherché des hommes. Ça n’est jamais très compliqué d’en trouver. Entendons-nous bien, je ne suis ni très belle, ni très sexy, mais quand je décidais de séduire un homme, j’y suis toujours parvenue (à deux exception près). Je ne cherchais que de la baise. En général, les hommes répondaient oui. J’ai donc rapidement eu plusieurs (assez nombreuses en fait) aventures d’un soir (je ne dirai même pas une nuit). Mais puisque je menais la barque, les hommes étaient assez déstabilisés. Je décidais où, quand, comment et surtout, jusqu’à quand. Certains hommes aimaient cela, n’en demandaient pas plus, d’autres voulaient prendre le dessus (certains y sont parvenus !), d’autres encore ne le supportaient pas et voulaient plus. J’ai eu des histoires plus ou moins intenses, plus ou moins amoureuses, plus ou moins intéressantes… Mais je n’ai pas un seul souvenir glauque…

Ces aventures étaient un jeu. Les deux joueurs en connaissaient les règles, les avaient acceptées.

À une période, durant quelques mois, j’ai eu plusieurs histoires suivies. 6 ou 7 amants. Chacun était très différent des autres. Ils ne me donnaient pas la même chose, ils ne venaient pas du même endroit, ne correspondaient à la même partie de moi. Selon l’endroit où je voulais sortir, je savais lequel appeler. Si je voulais du sexe imaginatif pour deux heures, je savais qui je devais contacter. Si je voulais une nuit d’amour et un réveil petit-déjeuner au lit, je savais lequel pouvait m’apporter cela. Si je voulais danser et baiser en boîte jusqu’à 6 heures du mat, puis rentrer seule, j’avais le bon numéro. Et si je voulais une semaine de romance, je savais aussi qui était prêt à me l’offrir et à disparaître aussitôt après.

C’était assez simple en fait. J’avais la sensation de ne jamais être seule, mais d’être toujours indépendante. J’avais de réels sentiments pour chacun d’entre eux. Et eux aussi, je n’en ai aucun doute (même avec le recul). Beaucoup de respect, de complicité et énormément d’affection. De l’amour ? Non, je ne crois pas.

On ne construit rien sur une telle expérience, mais je ne crois pas que l’on détruise quelque chose non plus. Cela dépend peut-être de la raison pour laquelle on le fait… Moi, je l’ai fait pour me défaire d’un homme, pour vivre à 300 à l’heure, et pour ne pas réfléchir, ne pas m’engager, ne pas construire.

Mais à 300 à l’heure, on risque la sortie de route à chaque virage forcément… alors un jour, tout dérape.












(JB*, M*, LS*, O*, V*, M*, G*, D*, R*, P*, A*, V*, B*, S*, HJ*, je vous embrasse et vous remercie de m'avoir donné juste, exactement, parfaitement, ce que je voulais de vous... )

12.12.2006

COMMENT J’AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 14



medium_6137-000435.jpgRappelez-vous, je viens d’arriver à Paris, j’ai un mec dans le Sud de la France, un mec dont je n’ai jamais été amoureuse.

Pour l’instant, je suis fidèle à cet amour qui n’en est pas un.


Cela ne va pas durer.

À peine un mois après mon arrivée, je vais à une soirée chez un couple d’amis. Et là, j’ai connu quelque chose qui ne m’était jamais arrivé et ne m’arrivera plus jamais : un coup de foudre. Avec des étincelles, des éclairs et des coups de tonnerre. Le vrai. Celui qui vous foudroie sur place. Il était tout ce que j’aimais. Dans la pièce enfumée et bruyante, je ne voyais que lui. Lui, son rire, ses gestes et… son regard. Qui ne me quittait pas. Je saurai par la suite que 5 minutes après mon arrivée, il est allé voir notre ami commun et lui a dit : « Qui est cette fille ? Tu n’aurais jamais dû la faire venir ici. Je n’aurais jamais dû la rencontrer. Elle va bouleverser ma vie. »

Ça n’était pas tout à fait vrai. Pas encore.

Cet homme venait d’avoir trente ans, sûr de lui, sûr de sa vie, de ses choix, il menait une existence d’intellectuel brillant, multipliant les diplômes et les écoles. Il vivait avec une fille depuis 7 ans. Il ne s’était jamais posé de questions quant à leur relation. C’était sa femme, la femme de sa vie. Point.
Elle ne vivait pas sur Paris. Il y était arrivé quelques mois plus tôt pour une toute dernière année d’études.

Elle l’attendait dans le Sud.

La soirée passa. Vers minuit, nous décidâmes de sortir boire dans un bar. Notre groupe d’une dizaine de personnes sortit de l’appart et se dirigea vers le métro.

Lui et moi ne nous étions pas encore parlés. Et nous ne nous parlâmes pas. Mais dans la pénombre de la rue mal éclairée, à 10 mètres de l’entrée du métro, il s’approcha de moi, me plaqua contre les grilles d’un square et m’embrassa avec une intensité et une ardeur que je n’avais jamais connues. Comme si dans ce baiser, nous scellâmes nos âmes à tout jamais. Nous échangions nos vies, nous les faisions se rejoindre. Ce baiser dura 5 secondes ou 5 heures. Il dura une vie entière.
Sa langue pénétrait ma bouche avec une violence inouïe. Il était en nage. Haletant, beau, passionné et obscène. Nous aurions pu faire l’amour là, tout de suite, au milieu de cette rue. Si je ne l’avais pas repoussé, nous y serions encore. Mais je l’ai repoussé. Nos amis nous attendaient. Je voulais les rejoindre.

Nos langues se sont dénouées, au sens littéral et nos corps se sont séparés. Nous sommes restés loin de l’autre jusqu’à l’arrivée dans le bar. J’étais irrésistiblement attirée vers lui et faisais tout pour me dérober à son regard, à ses mains, à son corps qui transpirait le désir.

Mais une fois dans le bar, au milieu de la foule compacte de jeunes alcoolisés, nos corps se sont retouchés. Il m’a pris par la main et m’a entraînée dans la ruelle. La porte de l’immeuble accolant le bar était ouverte, nous nous sommes engouffrés dans la cage d’escalier. Il a plaqué ma main sur son pantalon. Sa queue extraordinairement dure brûlait d’être caressée. Il a défait sa ceinture, baissé son pantalon, baissé son caleçon et a conduit ma bouche sur son sexe prêt à exploser. Je l’ai sucé. Je l’ai léché. Je l’ai dévoré. Son désir insupportable explosa bientôt dans ma bouche, le vidant de sa fougue, de toute la violence de ses émotions brutales.

Il m’embrassa avec passion, mais aussi avec une douceur bienveillante et reconnaissante.

J’insistai pour retourner auprès des autres. Il ne voulait pas. Il voulait rester avec moi. Seuls. Là, déjà, j’aurais dû comprendre quel homme exclusif il était. J’aurais dû sentir la passion qui déjà le ravageait. J’aurais dû me méfier, le quitter à tout jamais, tant qu’il en était encore temps, avant que cette histoire ne vienne gâcher une partie de nos vies.

Mais après cette soirée-là, nous nous sommes revus. Souvent. Très souvent. De plus en plus souvent.

J’ai rapidement quitté l’homme avec qui je sortais depuis un an et demi. E* m’en a beaucoup voulu. Le fait que nous soyons chacun en couple l’arrangeait beaucoup. Il n’avait pas de compte à me rendre, notre histoire était simplement passionnelle, mais ne devait pas avoir d’existence, d’influence dans la vie réelle. Il avait besoin de s’en convaincre. En 7 ans, c’était la première fois qu’il trompait sa femme et ne voulait pas y réfléchir. Il ne voulait jamais en parler.

Nous ne faisions jamais l’amour. Nous baisions. Sa bouche, sa langue, ses mains parcouraient mon corps, lui donnaient du plaisir, le faisaient jouir, mais sa queue n’avait le droit de ne pénétrer que ma bouche. Il ne voulait pas entrer en moi. Il savait qu’il serait perdu. Au fil des semaines, des mois, je devenais pressante, obsédée par cette pénétration qu’il ne voulait pas me donner. Il prenait tout de moi, mais se refusait à me donner quoique ce soit. Je ne connaissais rien de sa vie, il ne parlait pas. Je ne connaissais même pas son appartement dans lequel il refusait que j’entre.

Un jour, je l’ai suivi. Je suis entrée avec un voisin dans l’immeuble et j’ai sonné à son interphone. Il m’a fait montée. Je l’ai forcé à me faire l’amour, à me pénétrer. Et il l’a fait. Il se sentait mal. Mais il l’a fait. Il l'avait enfin fait. Et par la suite, il l’a refait. De nombreuses fois. Mais toujours avec cette culpabilité et ce sentiment de mal-être.

Il devint tourmenté, perdu, malheureux. Il avait des accès de colère, il me faisait régulièrement des crises de jalousie, de possessivité.

Et moi, je ne supportais plus cette relation. Je l’aimais, j’étais folle de lui. Et je savais qu’il était amoureux de moi. Mais il était incapable de remettre sa vie en question.

Il maigrissait à vue d’œil et je devenais de plus en plus dure et mal. Je sortis avec plusieurs autres hommes. Je couchai avec eux, pour me défaire de lui. Mais il me questionnait et devenait furieux, violent.

Je lui reprochais cette violence, cette jalousie. Il n’avait pas le droit. Pas le droit de m’empêcher de vivre. Puisque lui était incapable de vivre cette histoire d’amour avec moi, il n’avait pas le droit de m’interdire de la rêver ailleurs.

Sa copine qui devait certainement se douter que quelque chose se passait ici, loin d’elle, quitta son boulot et vint le retrouver à Paris. Je reçu ce coup de poignard en plein dans la poitrine. Je refusai de le voir pendant des jours, attisant malgré moi, sa passion destructrice et la violence de ses sentiments.

Il me harcelait, m’appelait sur mon téléphone des dizaines de fois par jour. Chaque matin, il m’appelait. Sonnait le doigt appuyé sur l’interphone pendant 5, 6, 10, 15 minutes. Je décrochais le combiné de l’interphone. Mais chaque matin, il attendait que quelqu’un entre dans l’immeuble et venait tambouriner à ma porte jusqu’à ce que je lui ouvre. Et nous nous engueulions. Et nous faisions l’amour. Et il partait.

Chaque matin, pendant des semaines, il quittait sa femme et venait me sauter avant de commencer sa journée. Un jour, je le mordis au sang alors que nous faisions l'amour, juste pour laisser l'empreinte de nos ébats sur son corps, juste pour que sa nana comprenne, juste pour l'obliger à parler. Mais elle ne lui posa jamais de question, elle crût son mauvais mensonge et préféra ne rien lui dire pour ne pas le perdre. Que cette femme devait l'aimer ! Que j'admire la beauté et la force de son silence amoureux !

Ma porte alors resta close, mon téléphone, éteint et ma bouche, scellée.

Durant des mois, nous ne nous sommes pas revus.

Au mois de septembre, je l’ai aperçu au loin dans la rue. Je l’ai suivi dans un supermarché. Je voulais le voir, je voulais l’entendre. Il m’a évitée, jusqu’à ce que je me plante devant lui. Et là, entre les camenberts de Normandie et les saucissons Justin Bridou, il m’a appris qu’il allait être père.

- Félicitations, les yeux embués de larmes.
- Je suis désolé.
- Ne le sois pas. Je suis heureuse pour toi. Pour vous.

Et je suis partie. J’ai pleuré pendant des jours entiers.

Cet homme-là, je l’aimais. Plus encore que je ne l’aurais pensé.


La vie est passée. Deux ans après, j’avais moi-même un enfant. Trois ans après, je quittais son père. Deux mois après, je lui envoyais un mail. Il m’y répondit. 1 mois et 450 mails plus tard (véridique !), nous nous donnions rendez-vous dans une gare parisienne. Devant une bière, nous nous racontions maladroitement nos vies. Et déjà, ses lèvres tentaient de rejoindre les miennes. Une heure et 5 stations de métro plus tard, nous étions nus sur le canapé dans l’atelier d’artiste déserté de son frère.

Il me raccompagna chez moi en taxi et dormit dans mon lit. Le lendemain matin, il reprit le train.

Il revint à Paris deux ou trois fois. Et je lui ai posé deux ou trois lapins, prétextant des obligations.

Mais nous nous appelions. Beaucoup. En parlant, j’ai compris pourquoi j’avais quitté le père de ma fille. Je l’avais quitté pour cet homme-là. Pas pour être avec lui, mais je l’avais quitté pour le souvenir de cet amour-là, de cette force-là. Je ne voulais pas de sentiments doucereux et de vie morne, je voulais une histoire d’amour sublime. En lui disant ça au téléphone, il resta sans voix. Et quelques jours après, lui, qui n’avait jamais de toute sa vie entière dit à une femme (ne fut-ce qu’à la sienne) qu’il l’aimait, croyant même avec force et conviction que l’amour et le bonheur étaient des rêves d’enfants qui n’existaient pas ailleurs que dans les contes de fées. Lui, le cynique devant l’Éternel, me dit qu’il m’aimait, qu’il ressentait quelque chose de beau, de puissant, de fort qu’il ne voulait plus jamais perdre.

Je me mis à rêver de nous, pour la première fois, je me mis à y croire.

C’est alors qu’il m’annonçât qu’il allait avoir un deuxième enfant, qu’il l’avait appris la veille de mon premier mail.

Je ne voulais plus entendre parler de lui. Plus jamais. Mais il me harcela tellement que je cédais une dernière fois. Nous nous sommes donnés rendez-vous dans un café. Et je compris qu’il allait quitter sa femme enceinte et sa fille. Je le suppliais de ne pas le faire. J’étais incapable de savoir si oui ou non, je voulais vivre avec lui, mais il m’angoissait trop, il me mettait trop de pression, son amour était trop violent.

Vous allez rire, mais je vis en nous regardant l’image de Marie Trintignant et de Bertrand Cantat, je vis cette passion incroyable, cet homme qui avait quitté sa femme enceinte de leur deuxième enfant pour vivre un amour exclusif, possessif, violent et destructeur. Je savais que cet amour allait nous détruire.

Et j’avais peur. Peur de lui. Peur de moi.

Je réussis à ne pas finir la soirée avec lui.


Mais une semaine après, il me laissa un message pour me dire qu’il l’avait quittée.


Depuis, je n’ai plus jamais décroché mon téléphone, je n’ai jamais répondu à un de ses mails.







(E*, tu m'as écrit que je serai ta part d’ombre, jusqu’à ton dernier souffle. Aujourd’hui, je te réponds : "tu le seras aussi… À tout jamais.")



(J’ai dérogé à la règle. Je n’ai pas remonté scrupuleusement le temps, j’ai sauté des chapitres. Mais pour un souci de clarté et de logique, j’ai raconté l’histoire de bout en bout. Je reviendrai sur les passages oubliés dans les prochaines notes.)

23.11.2006

COMMENT J'AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 13

medium_6488-000107.jpgIl n’était pas quelqu’un que j’aimais beaucoup : très hautain, imbu de sa personne, très soucieux de son image. Il ne sortait qu’avec des clichés de « Sois Belle et tais-toi », des filles sublimes, mais totalement insipides, voire terriblement idiotes. Et pourtant, j’allais passer 1 an ½ avec lui. (Et je peux vous promettre que je n’entre pas dans la catégorie des Sois-Belle-et-Tais-Toi, je ne suis pas du tout une bombe (désolée, je sais que je déçois beaucoup, là) et je suis plutôt une cérébrale qui adore les discussions interminables)

Nous avions un ami commun (E*, comme par hasard). Un soir, à une fête, nous avons discuté. J’étais célibataire depuis 1 mois (fait rarissime dans ma vie) et lui sortait encore avec sa copine, mais il cherchait un moyen – une excuse – pour la quitter. Naturellement, en discutant dehors, en regardant les étoiles, nous nous sommes embrassés. Il y a des moments dans la vie, où on est vraiment disponibles et où les choses improbables arrivent toutes seules.
Et extraordinairement, j’ai beaucoup aimé qu’il m’embrasse et je me sentais bien dans ses bras (ça, je ne sais pas les garçons, mais c’est un truc de filles pour savoir si ça colle ou non. Quand il te tient dans ses bras, est-ce que tu te sens bien ou pas ?! Avec certaines personnes, cela « s’emboîte » parfaitement, avec d’autres pas du tout, et rien n’y fera, ça ne marchera jamais).

C’est assez naturellement que nous nous sommes appelés le lendemain, et que nous nous sommes revus. Quand nous avons couché ensemble pour la première fois, ça n’était feudartificesque, mais c’était bien.

Le plus difficile a été de faire avaler à mes amis que je sortais avec lui. C’est à ce moment-là, que pour moi, l’expression « Il gagne à être connu » a pris tout son sens. Car, en effet, il gagnait à être connu. Une fois que sa carapace de timide, introverti et replié sur son image tombait, il était plutôt sympa. Je pense aussi (sans avoir les chevilles qui gonflent) que le fait de sortir avec une fille un peu plus rigolote que les précédentes, en tous les cas, moins fixée elle-même sur sa seule apparence, l’a un peu décoincé et l’a rendu plus convivial.

Nous sommes partis en voyage de jeunes, à 4 jeunes, pour une destination de jeunes (Amsterdam), en voiture pendant 3 semaines. Nous avons tout d’abord été rendre visite à des amis un peu partout dans l’ouest et le nord de la France, assistés à des concert de jeunes (Sinsemilia, Marcel et son orchestre), bu des litres d'alcool pour jeunes (bière, whisky-coca, tequila paf), fumé de l'herbe de jeunes, beaucoup ri, beaucoup parlé, beaucoup refait le monde, et fait surtout beaucoup de grand n’importe quoi.
Nous avons continué notre périple en Belgique, puis en Hollande, jusqu’à Amsterdam, visité le musée Van Gogh, pour justifier notre voyage auprès de nos parents (je pense d'ailleurs que ce musée est celui dont la moyenne d’âge des visiteurs est la plus basse et qui comporte aussi le plus d’yeux rouges), puis avons scotché des heures durant dans les nombreux et (pas si) variés coffee-shop du quartier rouge. Je ne fume jamais, sauf quand je suis à Amsterdam, et là, nous avons beaucoup fumé.

Pendant ces 3 semaines, l’ambiance a été parfaite. Entre lui et moi, le courant passait vraiment bien. En rentrant en France, nous avons continué notre histoire.

Étais-je amoureuse de lui ? Non, pas un seul instant et je ne l’ai jamais été. J’étais bien. C’est tout. Nous avons vécu ensemble, chez lui, chez moi. Nous étions ensemble chaque minute de la journée où nous n’étions pas en cours. Il était en Droit, moi en Lettres. (Quel couple improbable ! Étudiant en Droit, tu te feras bannir pour sortir avec une fille de Lettres. Étudiante en Lettres, tu seras lynchée pour oser fréquenter ceux du camp ennemi !)
Sur le campus, les deux facs étaient face à face, nous nous retrouvions sous la rangée d’arbres qui sert de frontière symbolique aux deux camps sur le champ de bataille)

Nous vivions paisible, sans heurt, sans violence. Peut-être par manque de passion. Je crois cependant qu’il était amoureux de moi. À sa manière, sans se poser de question. Il me disait qu’il m’aimait. Je ne lui ai jamais répondu. Il s’y était fait. Il ne m’a jamais questionné. Il devait savoir qu’un jour, je partirais. Mais pour l’instant, nous étions ensemble et tout se passait bien.

Quand j’ai eu fini mes études, je ne savais pas quoi faire. Je ne voulais pas commencer une école, je ne voulais pas entamer un 3ème cycle, je ne voulais pas être prof. Je voulais travailler. J’ai donc cherché des domaines qui m’intéressaient puis des stages. Ils étaient tous à Paris. Je suis venue vivre ici. Je l’ai laissé dans le sud-ouest. 2 mois. Il venait me voir, je descendais régulièrement. Mais déjà, j’étais partie.

Je suis sortie avec quelqu’un pour qui j’ai eu un vrai coup de foudre et j’attendais l’occasion de le quitter. C’était noël, je n’ai pas eu le courage, au lieu de cela, je l’ai invité dans ma famille. (gloups) Puis, c’était le premier de l’an, nous avions prévu une soirée sympa. Je n’ai eu ni le courage, ni l’envie de le quitter avant. J’ai attendu que la vie reprenne son cours normal, puis par téléphone (beurk), après 1 an ½ de vie paisible et insipide, je l’ai quitté.
Je voulais vivre autre chose, je voulais profiter de ma liberté parisienne (sans famille, sans groupe d'amis, sans amour).


Depuis, je le revois parfois, avec sa nouvelle petite amie, belle et insipide. Et il est un véritable étranger pour moi. Je n’ai même pas de petit pincement au cœur quand je le croise ou quand je repense à notre histoire. Je ne ressens rien. Comme si nous n’avions rien vécu ensemble. Je ne me souviens de rien. Pas l’ombre d’un sentiment. Pas l’étincelle d’une histoire. Et aujourd’hui, je ne pense jamais à lui.

1 an ½, peut-être de gâchis…





(N*, je t’embrasse et je te souhaite beaucoup de bonheur monotone et insipide avec plein d’enfants (enfin, 1, peut-être 2) beaux, aux rires gentillets et aux bêtises petites…)

18.11.2006

COMMENT J'AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 12

medium_200356406-001.jpgJ'ai tardé à écrire sur cette étape-là du fiasco de ma vie sexuelle -et amoureuse-, parce que cette histoire-là n'est pas simple. Je pense pouvoir dire aujourd'hui qu'elle a trouvé sa place dans mes archives... mais elle est complexe, donc rien n'est moins sûr.

C'est l'histoire d'un homme, que je connais depuis longtemps... L'un des meilleurs amis de mon petit groupe de copains. Lui et moi nous connaissons depuis le collège. Et continuons toujours de nous voir, aux fêtes des uns et des autres...

Au collège, nous étions amis, nous ne nous remarquions pas autrement.

C'était certainement l'ami le plus proche de cet amour-là. Nous étions tous étudiants et faisions beaucoup de soirées ensemble. Lui était étudiant en médecine, les orgies ne manquaient donc pas... Je crois qu'il m'a toujours plu, mais je n'avais jamais pensé à lui autrement que comme mon ami, drôle, charmant, incasable et inclassable.... Il sortait avec beaucoup de jolies filles, mais il n'en gardait aucune longtemps, il avait besoin de changement et surtout, une peur panique de l'engagement (encore un ! ;D ).

 

Mais un soir, nous avons dérapé, je sortais encore avec J*, mais ce soir-là, il n'était pas avec nous et notre histoire commençait à battre de l'aile, et comme toujours dans ces cas-là, moi qui n'ai aucun courage, je sors souvent avec quelqu'un quand mon couple va mal, ainsi, la séparation est plus facile. (quelle odieuse fille je suis !)

 

Nous étions saouls, nous étions chauds, nous dansions, nous embrasser a donc était très simple. Mias dès l'instant où nous l'avons fait, nous savions deux choses : 1/ que ça n'était pas bien et pas seulement vis à vis de J* et 2/ que nous en mourrions d'envie l'un comme l'autre, que nous étions parfaitement bien ensemble, que c'était une telle évidence !

 

Ca n'a jamais donné suite. Mais j'ai dit à J*, ce qui c'était passé, cela a précipiter notre rupture et quelques temps après les 2 amis s'étaient réconciliés.1 ou 2 ans après, nous sommes à nouveau sortis ensemble. Une fois. Deux fois. Trois fois.
Avec, systématiquement, plusieurs mois d'intervalle.


Nous n'avons jamais couché ensemble, .....
sauf ce soir-là. Cette nuit-là plutôt, il devait être aux environs de 4 heures du matin, nous étions totalement -TOTALEMENT - ivres et ça a été l'une des baises les plus nulles de ma vie. De toutes façons, et pour la seule et unique fois de ma vie, j'étais trop saoule pour me rappeler de quoi que ce soit, sauf que ça n'avait pas été génial. Et le lendemain matin, devant tout le monde (et oui, encore une fête !), nous étions très mal-à-l'aise.


Notre histoire a toujours, toujours était ainsi. Nous sommes une légende pour tout notre entourage. Nous sommes le couple idéal. Ces amis perso m'ont toujours fait comprendre que j'étais son grand amour. Nos amis en commun ont toujours été persuadés que nous étions fait l'un pour l'autre. Sa mère -même sa mère- m'a dit un jour : "tu sais, je serai tellement fière si c'était toi ma belle-fille" ! A chaque fois, que j'ai quitté un mec depuis, tout le monde, TOUT LE MONDE, a toujours cru que c'était pour lui. Même ma mère lance des milliers de sous-entendus permanents sur lui et moi. Alors qu'il ne s'est jamais ou quasiment jamais RIEN passé, ou si peu. Rien qui compte, rien qui dure. Mais il n'empêche que nos rapports sont toujours étranges, que nous avons souvent -toujours- été irrésistiblement attirés l'un vers l'autre, sans pour autant avoir jamais ni lui, ni moi, l'envie de commencer quoi que ce soit.


IIl est aujourd'hui amoureux de quelqu'un (il était temps!). Je suis aujourd'hui amoureuse de quelqu'un (il était temps!). L'histoire va sans doute en rester là, maintenant. Même s'il restera toujours cet arrière-goût d'amertume, d'histoire avortée, censurée, étrangement absente et irrémédiablement omniprésente.





(E*, je t'embrasse, comme l'ami que tu seras toujours.
Tu es l'un des hommes qui comptent le plus pour moi, même si je n'ai pas encore trouvé ta place)


(La photo n'est sans doute pas la plus appropriée et pourtant, c'est l'image que j'ai de notre histoire... je ne crois pas avoir jamais versé de vraies larmes sur cet amour qui n'existe pas, mais elle m'a toujours fait ressentir une vague tristesse mélancolique)

12.10.2006

COMMENT J’AI SAVOURÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 11

medium_10188815.jpg3 ans. Mon premier vrai et joli amour a duré 3 ans. Moi qui ai toujours été plus proche des 3 jours, ça fait tout de même une belle différence. Avec lui, j’avais envie de tout vivre, de tout expérimenté. Je ne me suis jamais posé trop de questions, tout était simple et naturel. Peut-être parce que nous nous connaissions bien. Il avait été mon premier vrai petit copain quand j’étais en 5ème et nous avions toujours partagé le même groupe d’amis. Quand nous sommes sortis ensemble à cette fête du lycée, ça paraissait évident. Personne ne pouvait me faire plus de bien que lui. Il était tout ce que je recherchais, tout ce dont j’avais besoin. Nous nous sommes immédiatement attachés l’un à l’autre. Comme deux êtres faits l’un pour l’autre.

L’été qui a suivi, nous passions le bac, nous l’avons fêté pendant une semaine. Pendant une semaine nous avons vécu à 10, 15, 30 chez un ami, à boire, à faire n’importe quoi et à s’aimer comme des fous. Nous ne nous sommes pas quittés de l’été. Déjà, nous ne pouvions pas nous passer de faire l’amour toujours et partout. Dès que nous avions 5 minutes, dès qu’un coin sombre s’offrait à nous, nous nous jetions l’un sur l’autre et nous découvrions tous les jeux du sexe.

A la rentrée suivante, nous étions à la fac. Je ne me souviens de cette année-là que des nuits de fête et des nuits de sexe. Les jours sur les bancs de la fac ne me servaient exclusivement qu’à récupérer pour la nuit suivante.

Ce que j’aimais le plus c’était notre relation sans tabous.
Nous voulions toujours découvrir.
Tel un roman d’apprentissage, après Martine devient infirmière, J* et S* joue au docteur.

Nous avons acheté le kamasutra et avons expérimenté chaque page, chaque posture aussi étrange et inconfortable soit-elle. Nous avons aussi acheté le kamasutra moderne, un petit bouquin format poche qui invente ou réinvente mille et une positions excentriques. Nous avons essayé de nous filmer. Mais c’était absolument dégueulasse et horrible, nous avons immédiatement effacé cette honteuse trace de nos corps à corps. Nous avons fait l’amour en musique, se concentrant sur tous les rythmes, mais à chaque changement brutal de musique, nous devions nous habituer au rythme suivant et ce qui était très excitant devint très vite insupportable.


Il y a néanmoins un jeu dont je garde encore un souvenir très excitant…

J’étais allongée nue sur le lit. A la recherche d’une nouvelle exploration des sens et des plaisirs de la chair. Lui me regardait. Excité. Derrière lui, sur le meuble de cuisine, un pot de nutella. Il croisa mon regard, se retourna et quand il le vit, il comprit tout de suite mes pensées. Il prit et ouvrit le nutella. Il trempa ses doigts dans le pot et étala la pâte sur mon ventre. Il se pencha et me lécha le ventre. Sa langue était douce et épaisse. Et le fait de lécher le nutella la rendait plus insistante et plus langoureuse. Il mit à nouveau ses doigts dans le pot et cette fois-ci, écartant mes cuisses, il étala la pâte sur mon sexe. J’étais sur-excitée. Sentir ses doigts étaler la pâte un peu froide par rapport à la chaleur de mon corps bouillant, me procurait un plaisir fou. Mon sexe tout entier était enduit de chocolat. Ses doigts avaient caressé mon clitoris, s’étaient introduits dans ma fente humide. Il me regarda, me sourit et fou de désir, il plongea sa tête entre mes cuisses et me dévora la chatte. J’étais dévorée par le plaisir et par sa langue qui passait et repassait dans le moindre petit coin de mon anatomie. Sa bouche affamée suçait mon clitoris et dévorait mes lèvres. Elle fouillait loin très loin dans mon vagin la moindre goutte de cet étonnant chocolat. J’étais au comble du plaisir. Sa langue avait cédé au péché de gourmandise et mon corps à celui de la luxure. Il m’enduisit les seins, me léchant les tétons goulûment. Nous n’étions pas dans une sauterie dégustant quelques fins amuse-bouches, nous étions au fin fond d’une arrière-cuisine ripaillant de la bonne grosse bouffe. Il n’allait pas dans la délicatesse et mes gémissements n’étaient pas ceux retenus d’une bourgeoise en tenue de soirée, mais bien les cris d’une jouisseuse d’un film de Marco Ferreri.

À mon tour, j’ai étendu sur lui la pâte au chocolat et j’ai léché, sucé, dévoré ce corps sucré. Son sexe en chocolat se dressait et comme une enfant dans un magasin de bonbons, mes yeux et ma langue salivaient devant cette gigantesque sucette. Je la pris dans ma bouche et la suçai, la suçai, de haut en bas, faisant jouer ma langue le long de chaque veine, remontant jusqu’au gland tout entier dans ma bouche alléchée. J’eus la délicieuse surprise de découvrir que les ingénieux fabricants de friandises avaient caché au cœur de la sucette, un épais liquide chaud et doux qui tout à coup envahissait la bouche des gourmandes.

Nous avons souvent répété cet exercice très plaisant en variant les plaisirs du palais… miel, crème mont blanc, yaourt ou fromage blanc, mais toujours, toujours avec le même délice.


Après un an passé chez l’un, chez l’autre, nous avons pris un appartement ensemble. Quelques semaines après avoir emménagés, je suis partie 1 mois à Londres.
Là-bas, ce que je n’imaginais pas du tout est arrivé : je suis tombée amoureuse. J’étais dans un parc, un TRÈS charmant jeune homme était assis à quelques mètres de moi. Il ne cessait de me regarder et je lui rendais son regard avec envie. Au moment où je partais, il m’a rattrapée. Et m’a dit qu’il serait triste de rentrer chez lui ce soir sans m’avoir parlé. Il n’était pas du genre sûr de lui et envahissant. Il était très doux, très calme, très drôle, mais aussi assez timide et touchant. Un beau, très beau, blond d’Italien. Il m’a faite fondre. Nous nous sommes revus le lendemain et chaque jour qui a suivi. Nous avons couché ensemble le dernier soir. J’étais désemparée de rentrer, de le quitter, d’arrêter cette histoire. Mais j’aimais aussi toujours mon Français. Je ne voulais pas le quitter non plus. Je ne l’avais pas eu au téléphone de tout mon séjour à Londres. J’étais incapable de lui parler. Je voulais l’avoir en face de moi. Arrivée en France, je n’ai pas tardé à lui raconter. Je lui ai dit que je l’aimais. Lui. Et lui. Si j’avais eu le choix, j’aurais rêvé de vivre avec ces deux hommes sous mon toit. Mais je n’avais pas le choix. Mon Français m’a pardonné : il était triste, malheureux, mais je l’étais aussi, alors il m’a pardonnée. Cependant, quelque chose avait été abîmée entre nous. Nous nous sommes quittés. Une fois la complexité de trouver un autre appartement, de savoir comment payer celui-là, etc. etc. Nous nous manquions trop, nous sommes ressortis ensemble, mais en gardant deux appartements.

Pendant les 1 an et demi qu’il nous restait à être ensemble, nous nous sommes plusieurs fois quittés, trompés. Mais nous revenions toujours ensemble, nous étions parfaitement bien ensemble. Le seul défaut de notre couple, pour moi, était d’être trop jeune. J’aurais pu passer ma vie avec cet homme-là, je le savais et je le sais toujours. Mais à 20 ans, je ne voulais pas être avec l’homme de ma vie. Je voulais en connaître d’autres, avoir d’autres histoires, je ne voulais pas faire de compromis, passer à côté de mille aventures qui m’attiraient. Pas maintenant. Pas déjà. Alors, je l’ai quitté. Une bonne fois pour toutes. Non pas parce que je ne l’aimais pas. Mais parce que je l’aimais trop pour cet âge-là.

Je l’ai quitté salement. Méchamment. Je l’ai quitté parce que j’étais sortie pendant une soirée avec son meilleur ami (et l’un des miens aussi puisque nous avions le même groupe de copains) et parce que je lui disais que j’étais amoureuse. Il a encaissé. Mal. Nous ne nous sommes pas adressés la parole pendant des années. Mais aujourd’hui, j’en suis toujours convaincue. Il était parfait.






(J*, je te remercie pour avoir été le tout premier grand Amour de ma vie, je suis désolée pour avoir été ton tout premier chagrin d’amour… je t’embrasse avec une immense affection. Et j’embrasse aussi ta femme puisque maintenant tu es amoureux et marié et puisque ma fille a été votre demoiselle d’honneur, je peux bien vous embrasser. Et puis aussi parce que je l’aime bien ta femme.)

11.10.2006

COMMENT J’AI SAUVÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 10

medium_200273139-001.jpgJe tins ma promesse (que quelqu’un m’explique comment lier le mot "promesse" à la note précédente… s’il vous plait, j’en ai marre de ne pas savoir, de ne pas y arriver !) : pas un homme ne pénétra mon corps d’aucune sorte. Je me sentais plus forte, plus sûre, plus paisible, moins torturée.
Était-ce la maturité ? Oui, cette nuit-là, alors que j'avais vendu mon corps contre une vengeance et un taxi, quelque chose s’était transformé en moi, j’avais changé, j’avais grandi, j’avais mûri.

Je n’embrassais plus n’importe quel homme, je ne laissais plus n’importe quelle main se poser sur mon sein, ni une langue quelconque entrer dans ma bouche, encore moins une queue inconnue s’immiscer dans mon corps et dans ma vie. Cependant, ce que je savais de la séduction, je m’en servais tous les jours. Je savais ce que les hommes voulaient, je savais à quel jeu ils voulaient jouer, je n’avais donc aucun mal à leur donner la réplique et j’étais devenue experte dans l’art de refuser sans même qu’ils s’en rendent compte.

Mais cette année-là dans ma vie, était particulière. Je cherchais une spécialisation en terminale que je ne pouvais pas faire près de chez moi, alors je suis partie. Mais ça m’arrangeais bien, je voulais fuir ma vie d’avant, tourner la page de cette adolescence lourde et meurtrie (un ou deux détails familiaux que je ne développerai pas ici). Alors ça me convenait. Ici, personne ne me connaissait. J’étais totalement seule et anonyme. Et je m’y complaisais. J’avais encore mille interrogations qui m’envahissaient, mille angoisses qui me bloquaient, je voulais être seule. Alors moi, la fille rieuse, fêtarde et délurée, je suis devenue une grande solitaire, calme et mystérieuse.

À être spectatrice du microcosme lycéen, j’ai appris à étudier les gens, ceux qui parlent fort et rient aux éclats, ceux qui sont cool et populaires, ceux qui sont autoritaires et revendicateurs. J'ai compris aussi les messes basses et les rumeurs, j’ai longuement regardé évoluer et piailler une communauté de 40 filles (internat féminin exclusivement).

Et à ne parler à personne, à ne pas à tout prix copiner avec tout le monde et n’importe qui, mais tout en restant aimable et agréable, j’étais devenue un grand mystère pour toutes les filles et pour bon nombre d’élèves de ma classe ou de TP. C’était drôle. Pour certains, c’était du mépris, de la folie ou de la tristesse, mais pour tous, c’était intrigant cette fille qui fonctionne en classe, qui ne vient de on ne sait où, qui ne rie jamais mais sourit beaucoup, qui ne sort avec garçon mais en attire beaucoup. À tel point, que j’étais devenue paradoxalement, hyper-populaire (mais comme je m’en foutais, ça énervait et ça excitait). C’était une situation étonnante qui m’a appris beaucoup. Cet écart, ce recul m’ont permis de mieux comprendre les autres et moi-même. Même si étrangement, je devenais de plus en plus triste.

Mes amis me manquaient. Et je ne savais pas qui j’étais (oui, je sais, tout ceci est contradictoire, mais la vie… la vie adolescente de surcroît…. ne l’est-elle pas ?!)

Alors, j’ai profité d’une fête de mon ancien lycée pour trouver le tout premier Homme de ma vie et pour me retrouver grâce à sa douceur et sa sérénité à lui. Rappelez-vous, c’était lui

(et bien non, vous ne saurez pas, si je savais faire les liens, vous auriez pu cliquer sur "lui" et être renvoyé sur la note en question et ainsi savoir de quel homme je parlais, mais comme je ne sais pas faire, vous ne saurez pas… allez, ok c’était dans la note COMMENT J’AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 3).



P.S. : je sais, c'est ennuyeux cette note qui ne parle pas de sexe. Mais elle était obligatoire, car si je fais le résumé de ma vie sexuelle, c'est précisément cette année-là que tout a basculé, que ma vie sexuelle a changé... Quelques mois d'abstinence, quelques mois d'anorexie sexuelle après la boulimie de sexe des dernières années, ça m'a fait le plus grand bien. C'est seulement après que mon régime sexuel devint équilibré et gourmet.

P.S.2 : Ceux qui liront le texte après le 11 octobre remarqueront que j'insiste sur ces fichus liens que je ne sais pas faire et seront ô combien étonnés de voir ces mêmes liens pourtant tout à fait fonctionnels.... Et bien oui, car, Alleluia, devant ma détresse, des lecteurs bienveillants m'ont appris à les faire ! Je laisse néanmoins ces parenthèses, vestiges de ce temps révolu où je ne savais pas faire les liens et cette note marquera et symbolisera ainsi un tournant dans ma vie.

Décidément, c'est la note de la maturité.




(J*, déjà, je commence à t'embrasser)

05.10.2006

COMMENT J’AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 9




medium_57423806.jpgAprès avoir jeté ma virginité aux chiottes (cf Comment j’ai raté ma vie sexuelle étape 8, pour ceux qui ne suivent pas), je faisais mon entrée en seconde, épanouie et mûre pour tout type de rapports. Est-ce par un manque extrême de confiance en moi, ou par un jeu pervers d’autodestruction – ce qui reviendrait finalement au même –, je ne sais pas, mais le fait est que les deux années qui ont suivi, je me suis minutieusement attelée à bafouer ce pourquoi des milliers de femmes se sont battues, ont été emprisonnées, torturées, tuées : la dignité de la Femme.

Je ne sais pas pourquoi j’ai laissé tant d’hommes pénétrer et cracher leur venin dans mon corps. Je ne sais pas pourquoi je n’ai jamais dit non.
Pourquoi j’aimais ça, alors que je ne les aimais pas.

J’ai eu quelques coups de cœur, mais aucun n’a duré. J’ai flingué tout ce qu’il y avait de beau dans certaines histoires en ne leur laissant aucune chance. J’ai sauté sur toutes les occasions, détruisant celles qui auraient pu être belles et me détruisant avec celles qui ne l'étaient pas.

À tant consommer, je me suis consumée.

J'ai baisé avec tous ceux qui me le demandaient et qui n'étaient ni trop cons, ni trop laids.
N'importe où, n'importe quand, dans n'importe quelle situation.

Le dernier épisode de cette série a mis un point final à cette tranche de vie suicidaire et destructrice :
je fêtais le premier de l’an avec des amis. Nous avons été en boîte de nuit. J’avais allumé toute la soirée autant d’hommes que de litres d’alcool avaient été versés dans la nuit. Un avait ma préférence. Je le connaissais bien, nous nous plaisions beaucoup. Nous n’avions jamais couché ensemble, mais nous nous étions parfois embrassés à une fête ou à une autre. Malheureusement lui était accompagné ce soir. Ça ne l’empêchait pas de me draguer très ouvertement et ça ne me dérangeait pas de répondre à ses avances. La nuit avançait. J’avais de plus en plus envie de lui et lui de moi, mais sa copine commençait à ne pas apprécier notre jeu. Elle lui a fait une scène et lui a demandé de rentrer. Ils sont partis. 2 minutes après, il est revenu m’embrasser puis il a quitté la boîte.

Il me fallait un remontant. Je l’ai trouvé au bar... accoudé au bar. C’était le meilleur ami de celui qui venait de me quitter pour les bras de sa régulière. Le remontant idéal. Aucun alcool, aucune drogue, aucun psy ne peut concurrencer avec le meilleur ami de celui dont vous voulez vous venger.

Je l’ai invité à danser. Le dévorant du regard comme une invitation à la luxure.
Quel homme résiste à ça ? Je n’en connais pas. Pas ces hommes-là qui gravitaient autour de moi, en tous les cas.

Et lui non plus, n’a pas résisté. Il s’est collé à moi, a cherché ma bouche. Je lui ai refusée. Mais je le séduisais, je tournais autour de lui, au rythme de la musique, je me rapprochais, je me collais, je m’éloignais. J’approchais mon visage de sa nuque, ma bouche entrouverte à quelques centimètres de sa peau. Je sentais sur mes lèvres l’air chaud que lui soufflait ma bouche. J’ai joué avec lui. Longtemps. Il m’appartenait entièrement et ce soir, je l’emmenais où je voulais. Alors je lui ai demandé de me raccompagner. C’était assez loin, il habitait juste à côté, mais qu’est-ce qu’un homme n’est pas prêt à faire quand son sexe commande, quand le cerveau qu’il a entre les jambes lui hurle de prendre cette fille devant lui, là, tout de suite, vite.

Il me raccompagna. Mais dans la voiture, je le sentais impatient. Il était énervé. Et moi, j’étais désagréable. Ce n’était pas avec lui que j’avais envie de coucher ce soir. Nous n’avons presque pas parlé. Quand nous sommes arrivés, après une demi-heure très pesante, il s’est arrêté dans un petit chemin à quelques mètres de la maison. Il a éteint les phares, coupé le contact. Puis il a déboutonné son pantalon. Il m’a regardée et m’a jeté un « Tu viens ? ». « Enlève ton pantalon. » Il a sorti sa bite de son caleçon. Il bandait. Il devait bander depuis un moment ou peut-être que sa queue s’est dressée quand le contact s’est éteint. Je me suis exécutée. J’ai enlevé mes chaussures, mes chaussettes, mon pantalon. Tout était cru. Tout était glauque. Je n’avais pas envie de faire l’amour. Mais j’avais l’impression que je lui devais. Comme si c’était dans le contrat. Je t’ai allumé. Tu me raccompagnes. Tu me baises.

Et il m'a baisée. Mal. J'étais assise sur lui, le volant dans mon dos me gênait. Mais j'enfonçais son sexe plus profondément en moi à chacun de mes mouvements. Ses mains avaient dégrafé mon soutien-gorge et elles pressaient mes seins lourds. Sa bouche les embrassaient, les lécher, les mordillés. Il prenait son plaisir et moi, je faisais tout pour le faire jouir. Pour remplir ma part du contrat, proprement, simplement. Je n'en faisais pas plus que ça n'était nécessaire. Je n'éprouvais aucun plaisir. Mais je me laissais pénétrer par sa queue en quête de jouissance. Il se serait masturbé, il aurait été tout aussi seul, mais là, il avait le corps d'une poupée animée pour s'amuser. Alors il en profitait et il ne tarda pas à décharger dans un con inanimé de désir.

Quand j'ai senti les convulsions de son sexe dans mon ventre, quand j'ai vu son corps se contracter puis se relâcher, j'ai su qu'il avait joui. Alors, je me suis redressée, j'ai repris ma place et je me suis rhabillée. il m'a embrassé sur les lèvres. Je lui ai rendu son baiser.

-Merci.
-Merci à toi.

Je suis sortie de la voiture. Il a démarré. Il est parti. J’étais incapable de rentrer chez moi. Je me suis assise dehors dans le jardin. Et j’ai vomi. J’ai dégueulé ce mec, j’ai dégueulé son regard libidineux, j’ai dégueulé tous les mecs et tous les regards libidineux. J’ai dégueulé ma vie. Je vomissais tout ce que j’étais.

J’ai attendu. Je suis restée là, dehors, assise à quelques centimètres du dégueulis de ma vie.

Ce mec-là était un mec que j’aimais beaucoup. Qui me faisait rire et qui était très beau, très charmant. Mais ce soir-là, j’avais agi comme une pute alors il s’est comporté comme un mec qui baise une pute.

En ce premier matin d'une nouvelle année, j’ai pris une résolution, une vraie, une de celle que l’on tient. Je me suis promise de ne jamais, plus jamais donné mon corps sans le vouloir de tout mon être, de ne plus jamais faire l’amour sans aimer, ou de ne plus jamais baiser sans le désirer intensément. Le sexe est un jeu, je le répète souvent, mais un jeu dont il faut accepter les règles. Mais jusqu'à ce matin-là, je ne les lisais pas.







(F*, E*, D*, S*, Y*, N*, C*, G*, B*, D*, S*, M*, C*, M*, D*, O*, D*, L*, N*, L*, E*, P*, F*, E* et D*, je vous embrasse une dernière fois et vous tourne le dos à tout jamais.)

29.09.2006

COMMENT J'AI RATÉ MA VIE SEXUELLE ÉTAPE 8




medium_200145613-001.jpgFinalement, c’est assez étonnant que ça ne soit pas arrivé plus tôt, vu le grand n’importe quoi de ma vie amoureuse et sexuelle jusqu’alors.

Mais non, c’est arrivé l’été qui a suivi la 3ème.

J’étais assez impatiente de passer à l’acte. Alors, j’ai foncé sur la première occasion. Je n’ai pas réfléchi. Mais j’aurais bien mieux fait de réfléchir. Encore une fois, l’impatience, la précipitation et une trop grande spontanéité ont eu raison de ma morale et de ma propre estime.

J’étais en vacances chez ma grand-mère. Elle habitait Poitiers. Depuis quelques années déjà, quand j’allais chez elle, je venais avec une copine. Histoire de ne pas trop m’ennuyer. Et comme à toutes les vacances, je passais forcément un ou deux jours au Futuroscope. Si bien qu’à force, c’était un peu chez moi. Je connaissais parfaitement les attractions, du cinéma dynamique au Kinémax… (je ne sais pas si ça existe encore ! Je n’y suis jamais (ah ! si une fois ! ) retournée après cet été-là), si bien que je n’y allais que pour me promener et boire des cocas en commentant les mecs qui passaient. Et justement, nous étions tranquillement assise à la terrasse d’un café (peut-on vraiment appeler ça un café ?!) en train de chercher notre nouvelle victime sur qui nous allions pouvoir dire les pires insanités, quand un groupe d’une vingtaine de gamins (oh ! ça va ! Ils avaient bien 1 voire 2 ans de moins que nous !) vient envahir l’endroit si paisible. Évidemment, nous mations à mort. Et particulièrement 1 mec, le mono (c’est terrible comme nom !) un beau brun, qui m’a tout de suite jeté de longs regards appuyés. Il était sûr de lui. Et très séduisant. Typiquement l’homme auquel je ne pouvais pas résister.
Ils allaient se faire une séance de je ne sais plus quel cinéma, il nous a demandé de les accompagner. Que pouvions-nous bien risquer ? J’étais avec ma copine et lui, avec une vingtaine d’ados sur-déchaînés. Nous les avons suivis.
Nous nous sommes assis tout au fond de la salle. Il était à ma droite. Ma copine à ma gauche. Et de son côté à elle, le deuxième moniteur. La lumière juste éteinte, il m’a pris la main. Je l’ai serré dans la mienne, lui indiquant : "je suis ok !" À peine 5 min après, il avait sa langue dans ma bouche et de la mienne, je lui disais : "je suis ok !"

Alors quand la séance fut terminée, il s’est arrangé avec 2 nanas qui s’occupaient du groupe pour s’éclipser une petite heure.

Je lui ai dit que j’avais 17 ans, le mensonge classique de quand on a 15 ans. C’était le minimum, lui, en avait 24.

Nous avons été dans un café, celui au pied du Kinémax, avec ma copine et son copain, je m’en rappellerai toute ma vie. Nous avons commandé, puis il m’a dit « Viens ». Je l’ai suivi. Il m’a conduit aux chiottes. Il m’a fait entrer dans les toilettes des hommes. Il a fermé la porte à clef. Il m’a embrassée, m’a pelotée. Il m’a pris la main pour la poser sur la bosse de son jean, dure, grosse. Je l’ai caressée. Il a défait la fermeture éclair de son pantalon. Il l’a baissé. Il s’est assis sur les toilettes, son sexe, énorme, dressé entre ses jambes. Il a ouvert et descendu mon pantalon, ma culotte. Il m’a caressée. Il a passé ses doigts entre mes cuisses, les écartant. Frôlé mon clitoris, l’excitant.
Mon pantalon est tombé sur mes chevilles. J’ai enlevé mes chaussures et me suis débarrassée de mon jean. Il m’a pris par les hanches et m’a fait asseoir sur lui, m’empalant littéralement sur son pieu fier et droit. Remontant, descendant, remontant, descendant, remontant, descendant, je n’ai pas trouvé cela particulièrement désagréable, mais je ne suis pas sûre d’avoir aimé.

Je ne me souviens pas combien de temps ça a duré. Je n’ai plus de souvenirs après ça. Je ne sais plus comment nous nous sommes dit aurevoir.

C’est étrange comme la mémoire sélectionne et occulte : cette première fois n’était sans doute nullement mémorable.
Il n’y avait pas d’amour, il n’y avait pas d’affection, pas même de désir et à peine de plaisir.

Quand je vous disais que je l’avais ratée ma vie sexuelle, vous voyez bien que je ne vous mentais pas !



(E*, non, je ne t’embrasse pas, je n’ai déjà été que bien trop loin avec toi.)

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