27.10.2006

LE GRAND COMPLOT

medium_53378770.jpgC'est sûr, ils complotent... Est-ce la frustration de vieillir, la frousse de la maladie, l'angoisse de la mort, la fatigue d'être seul, le mal-être de ne plus être dynamique, l'aigreur vis à vis des jeunes, tous des feignants et des voyous, le sentiment de supériorité de l'aîné, la volonté d'être respecter pour en avoir baver parce qu'eux n'ont pas eu les mêmes chances que nous, parce qu'ils ont connu la guerre, eux, oui monsieur ! Je ne sais pas pourquoi, sans doute pour des raisons tout à fait explicables et simples à comprendre... mais le fait est que.. les vieux... me rendent folle !!! Aujourd'hui, je vais chercher des billets de train dans une boutique SNCF parce que leur site internet déconnait. Je me dépêche, j'y vais entre midi et deux, pas le choix. Avant je bosse, après je dois retourner bosser, et le soir ils ne laissent plus entrer personne après 18 h... et bien oui, sinon, jamais ils ne pourront partir à 19h ! Je me doute bien qu'il va y avoir du monde. C'est l'heure où tous les mecs qui bossent vont chercher leurs billets. Comme moi. Donc, je me prépare à prendre mon mal en patience. Mais là, j'ai craqué. J'ai attendu 1h30... non parce que la boutique était surchargée de jeunes cadres dynamiques... mais parce qu'elle marchait au ralenti : le club de tout le 3ème âge d'Ile de France avait décidé de faire une petite sortie sympathique et conviviale dans la boutique entre midi et deux parce que, c'est bien connu, c'est l'heure la plus sympathique et la plus conviviale ! Des dizaines d'octogénaires tremblotants occupaient donc tous les fauteuils. Et bien-sûr, ils ne vont pas vite. Pas vite du tout. Pour comprendre que leur numéro vient de s'afficher, ça prend ... allez 56 secondes. Alors bien-sûr, l'agent SNCF a déjà bipé le numéro suivant. Il doit donc l'annuler, mais on ne peut pas avec ces machines-là, et puis son camarade à l'autre bout de la boutique, n'a pas remarqué la manoeuvre alors quand lui-même a fini, il appuie sur le bouton. Tout le monde attend, tout le monde l'observe, priant pour qu'il comprenne, pour qu'il n'appuie pas, pour qu'il n'appelle pas le numéro suivant, mais non, il appuie. Tout le monde baisse les yeux, tout le monde lâche un soupir de déception et tout le monde regarde la valse des vieux qui râlent, qui se lèvent - lentement -, qui se dirigent -lentement- tous vers le même conseiller et qui veulent tous passer maintenant parce que oui, c'est leur tour à tous : - mais mon numéro est déjà passé, quelqu'un a pris ma place - mais non, vous venez d'appeler mon numéro à moi - mais .... puisque je vous dis qu'il y a un décalage dans les numéros - oui, d'accord, comme vous voudrez, n'empêche que là, c'est mon numéro qui est affiché - mais n'insistez pas - mais - mais... - ... L'angoisse. Et là, arrive, une petite vieille... elle se dirige directement vers une conseillère en train de servir un client. Et attend. Attend. Debout. L'air sévère. Jusqu'à ce que la conseillère lui demande. - Oui ? Je peux vous aider ? - Et bien, je voudrais passer juste après monsieur. - Euh oui... je finis avec monsieur. Vous avez le numéro suivant ? - Non. Je n'ai pas de numéro. - Et bien, prenez un numéro. Asseyez-vous là-bas et quand votre numéro sera appelé, nous serons à vous. - Non, vous n'avez pas bien compris mademoiselle (la conseillère avait bien 40-45 ans ans tout de même), j'ai une carte prioritaire. Je suis âgée et j'ai des problèmes à mon genou. Je n'ai donc pas à attendre. Je passe après ce monsieur. - Mais madame, excusez-moi, comprenez.... - Je suis une vieille dame, Mademoiselle. J'ai droit à un certain respect. - Madame, je vous en prie, allez-vous asseoir, je ne peux pas vous laisser passer sous prétexte que vous êtes une dame âgée. ... Regardez autour de vous : VOUS ÊTES TOUS PRIORITAIRES !!! La dame est partie. Et j'ai comme la sensation que le service réclamation de la SNCF ne va pas tarder à recevoir une petite lettre ou une petite visite (à l'heure de pointe, cela va sans dire) !!!! Bien-sûr, vous vous dites que j'exagère, que je suis méchante et sans coeur, que je serai moi aussi comme eux, un jour ou l'autre, qu'ils ont des circonstances atténuantes, que ça n'est pas une partie de rigolade d'être vieux. Et vous avez raison. Mais permettez-moi, malgré tout, d'émettre parfois un certain scepticisme quant à la totale bonne foi de ces braves vieux. Certains détails ne trompent pas. Soyez honnêtes... dans le bus, aux des supermarchés, aux impôts, à la sécu, ... vous ne trouvez pas qu'il y a quelque chose d'insupportable et de louche dans certains comportements..... Et apparemment, je ne suis pas la seule à avoir remarqué cela :

(le film est ancien, mais il me fait hurler de rire... enfin surtout, il m'angoisse terriblement.) Pardon Mamie. Bien-sûr, toi, tu es parfaite.